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Mon Patient est impatient

Le mot patient est réservé aux médecins. Pourquoi serait-il patient ? Patient parce qu’il supporte sans rien dire ? C’est donc un supporté ? Le terme ressemble trop à « supporter », il appartient au sport. La thérapie n’est pas un sport.

Elle ne relève pas de la performance même si elle exige un esprit d’ouverture. Et « supporté » connote la passivité. Et suppose que la personne est insupportable, ce qui n’est jamais (ou si peu) le cas.

Alors, si j’employais le mot « impatient » ? Impatient de faire une psychothérapie ? Impatient entre deux séances ? Impatient d’obtenir des résultats tangibles ? Le travail thérapeutique n’est pas quantifiable. On ne peut pas prévoir d’avance le nombre d’heures qui seront nécessaires. La thérapie n’est pas forcément brève. Je refuse de rentrer dans la culture de la mesure. (Le mesuré ? ça fait toise, toiser, regarder de haut !). Je préfère raisonner en terme de qualité. Evidemment, il ne s’agit pas de pousser à la consommation (le consommé ? ça fait soupe…), de faire traîner. L’idéal est d’avoir un résultat efficace en un temps raisonnable. Mais, parfois, la personne et son thérapeute ont besoin de prendre leur temps.

Le mot client ne me plaît pas, il fait mercantile, clientélisme, opportunisme. En même temps, la personne me paie, donc, c’est une évidence : il y a aussi une relation d’argent. Coaché est réservé au coaching, analysé est réservé à l’analyse, supervisé à la supervision. Le thérapé ? Il y a râpé, presque raté, dérapé.

Le Consulté ? Non, je ne le consulte pas. L’Accompagné ?

Le client entre guillemets. Non, le patient entre guillemets.

Point à la ligne.