Dites-lui que je l’aime

Entre l’intime et l’universel, un film psychanalytique, avec comme fil rouge les mères dysfonctionnelles, la résilience et la sororité, la honte et le trauma.

Le projet initial de Romane Bohringer était d’adapter le beau livre de  Clémentine Autain, « Dites-lui que je l’aime » qui évoque sa mère, l’actrice Dominique Laffin, décédée à 33 ans. Ce texte fait écho à la propre histoire de la cinéaste : sa mère à elle l’a abandonnée quand elle avait 9 mois. La rencontre entre les deux femmes va replonger Romane Bohringer dans son douloureux passé. Du coup, -, le film sensible et pudique, entremêle leurs deux vies, leurs maux communs, leurs hontes, leurs traumas. C’est le récit de ces deux mères border- line, dysfonctionnelles, mère-enfant pour l’une, abandonnique pour l’autre, mortes si jeunes, emportées par l’alcool et la drogue. Mères imparfaites qui, in fine, ont aimé à leur manière leurs filles. En prendre conscience permet de se libérer, de faire le deuil, de se reconstruire. Un vrai projet psychanalytique, entre l’intime et l’universel. La mise en scène, hybride, fantaisiste et créative, semble suivre les méandres de la mémoire, fait surgir le refoulé. Elle mêle séquences docus (films super 8…) et scènes jouées, enquêtes quasi-policières, témoignages bouleversants des pères, les ex-maris, devenus vieux et fragiles. Au final, un film sur la résilience et la sororité.