
Un film nécessaire et émouvant sur la santé mentale, porteur de résilience, mêlant scènes oniriques et réalistes.
Le film débute dans les années 1970. Le spectateur pénètre dans la famille fantasque d’isabelle Carré. La mère triste, sans doute enceinte trop tôt, anorexique, de plus en plus absente (on rejoint là les mères de Romane Borhinger et de Clémentine Autain ). Des non-dits (le père fera un coming-out tardif). Elisabeth, Isabelle Carré, est hospitalisée à 14 ans en pédopsychiatrie à Necker, après une tentative de suicide. Elle l’a relaté dans un livre éponyme, “Les Rêveurs » qu’elle adapte aujourd’hui au cinéma avec la super Tessa Dumont Janod qui joue Isabelle elle-même. Et son amie de galère, sa complice, Melissa Boros (la révélation du film » Alpha « ). Les deux ados internées rêvent d’une vie meilleure, fument en cachette, se font draguer, admirant la tour Montparnasse et ses lumières. Elles visionnent, fascinées, Une chambre en ville de Pierre Granier-Deferre, avec Romy Schneider.
L’art-thérapie comme acte de soin
A travers son propre exemple, la réalisatrice aborde le sujet de la santé mentale. Passé et présent se répondent : on la découvre 40 ans après (Isabelle Carré joue son propre rôle) proposant des ateliers d’écriture à l’hôpital pour les jeunes en souffrance. Une façon de comparer la psychiatrie des années 80, répressive, à celle d’aujourd’hui. L’art-thérapie comme acte de soin ? « Comme vous, je me suis retrouvée dans un hôpital psychiatrique. Accrochez-vous parce que ça passe. » […] le danger pour soi, c’est de tout mettre sous le tapis comme la société nous oblige à le faire » encourage la réalisatrice.
Un panneau pédagogique, avant le générique de fin, met en garde : le taux d’hospitalisation psychiatrique chez les jeunes, en particulier chez les filles de 10 à 14 ans, a grimpé de 246% ces dix dernières années (et dans deux cas sur trois suite à une tentative de suicide).